Ce que montre une photographie aérienne des années 1950
À partir de l'après-guerre, l'IGN a photographié l'ensemble du territoire métropolitain.
Cette couverture, réalisée pour l'essentiel entre 1950 et 1965, est le plus
ancien portrait homogène de la France vue du ciel : un noir et blanc contrasté où l'on
distingue les toitures une à une, les chemins de terre, le parcellaire agricole et les
rivières avant leur canalisation. Mise en regard de la prise de vue actuelle, elle rend
visible d'un seul geste ce qu'aucun texte ne résume aussi vite — soixante-dix ans
d'aménagement du territoire.
Le comparateur superpose les deux images au même endroit et à la même
échelle. Le curseur ne fait que dévoiler l'une sous l'autre : rien n'est retouché,
recadré ni colorisé. À gauche, la commune telle que l'avion l'a photographiée ; à droite,
son état le plus récent.
Six transformations qui se lisent depuis le ciel
Presque toutes les communes françaises ont connu au moins une de ces mutations. Savoir les
reconnaître change la façon de regarder l'avant/après.
- L'étalement pavillonnaire. À partir des années 1960, les lotissements
en raquette poussent autour des bourgs anciens. Le noyau villageois reste identifiable au
centre de l'image ; tout ce qui l'entoure en couronne est postérieur à la photo ancienne.
- Les zones commerciales d'entrée de ville. Grandes toitures
rectangulaires et nappes de parkings, apparues le long des rocades sur d'anciennes terres
cultivées — le cas d'école de
la Porte des Alpes
ou de
Plan de Campagne.
- Le remembrement agricole. Les petites parcelles en lanières laissent
place à de vastes îlots réguliers : haies bocagères arasées, chemins creux effacés, fossés
rectifiés. C'est souvent le changement le plus spectaculaire en zone rurale.
- Les lacs de barrage. Des vallées entières, parfois des villages, ont
disparu sous l'eau — Tignes,
Serre-Ponçon,
le lac du Der. La photo
ancienne est parfois le dernier document qui les montre habités.
- Les stations créées de toutes pièces. Le plan Neige en montagne et la
mission Racine sur le littoral languedocien ont fait sortir des stations entières de
terrains nus : La Grande-Motte
était un marais, La Plagne un alpage.
- Les grandes infrastructures. Autoroutes, aéroports et quartiers
d'affaires ont absorbé des plaines agricoles entières, de
Roissy à
La Défense.
Lire tous les récits →
Comment comparer votre commune
- Saisissez une adresse dans la barre de recherche, ou appuyez sur l'icône de
géolocalisation pour partir de l'endroit où vous êtes.
- Choisissez les deux millésimes à confronter, puis faites glisser le curseur central pour
révéler l'image ancienne sous l'actuelle.
- Lancez la génération de vidéo pour obtenir un fondu avant/après de quelques secondes,
partageable tel quel.
Questions fréquentes
- Jusqu'à quelle année peut-on remonter ?
- Jusqu'au millésime 1950-1965 pour la France métropolitaine. La date exacte de la prise
de vue dépend de la campagne dont dépendait la commune : deux communes voisines peuvent
avoir été survolées à plusieurs années d'intervalle.
- Pourquoi ma maison n'apparaît-elle pas sur la vue ancienne ?
- Parce qu'elle n'existait pas encore. C'est le cas de la majorité des maisons
individuelles françaises, construites après 1965. À l'emplacement, vous verrez le plus
souvent une parcelle cultivée, une prairie ou un bois.
- Peut-on distinguer des personnes ou l'intérieur des bâtiments ?
- Non. Il s'agit de prises de vue verticales à haute altitude : la résolution permet de
reconnaître un bâtiment, un arbre ou un véhicule, jamais d'identifier quelqu'un.
- Ces images sont-elles réutilisables ?
- Les photographies aériennes proviennent de l'IGN et sont diffusées sous Licence Ouverte
Etalab 2.0, qui autorise la réutilisation à condition de citer la source.
Skywayback est un site indépendant édité par ACEITUNA (Stéphane
Rodrigues). En savoir plus sur la démarche ·
Signaler une erreur ou proposer un lieu.