Roissy-Charles-de-Gaulle : des champs du Pays de France au premier aéroport du pays

Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0

Au nord-est de Paris s'étend aujourd'hui l'immense plateforme de Paris-Charles-de-Gaulle : pistes, aérogares, entrepôts de fret, gares. Il y a soixante ans, ce n'était que la plaine agricole du Pays de France, un plateau céréalier presque vierge de constructions. Glissez le curseur : sous l'aéroport réapparaissent les champs d'avant.

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Avant : un plateau céréalier à cheval sur trois départements

Sur l'orthophotographie IGN de 1950-1965, le site n'est que champs à perte de vue, découpés en grandes parcelles et ponctués de quelques villages. C'est ce foncier plat, peu bâti et proche de Paris qui est retenu : environ 3 250 hectares répartis sur six communes — Roissy-en-France et Épiais-lès-Louvres dans le Val-d'Oise, Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, Le Mesnil-Amelot, Mauregard et Mitry-Mory en Seine-et-Marne.

1964-1974 : « Paris Nord » devient Roissy

Un arrêté interministériel du 16 juin 1964 décide la création de l'aéroport « Paris Nord ». L'aérogare 1, conçue par l'architecte Paul Andreu, sort de terre de 1967 à 1974 : un disque de béton — le « camembert » — relié à sept satellites, dont on reconnaît encore la silhouette circulaire du ciel. L'aéroport est inauguré le 8 mars 1974 ; le premier vol commercial, un Boeing 747 de la TWA venu de New York, s'y pose cinq jours plus tard. La desserte ferroviaire suit : le service Roissy-Rail est intégré au RER B en 1981, et une gare TGV ouvre en 1994.

Vue large : l'emprise de l'aéroport sur la plaine agricole

Ce que l'on lit sur la vue actuelle

L'aéroport s'est construit par couches successives. L'aérogare 2 est inaugurée en 1982 avec ses terminaux 2A et 2B, puis prolongée par étapes. Les quatre pistes sont groupées par paires orientées est-ouest : au nord et au sud, une piste d'environ 4 200 mètres pour les décollages lourds doublée d'une piste de 2 700 mètres. Le doublet sud n'est entré en service qu'entre 1998 et 2001.

Autour, les champs n'ont pas disparu : ils cernent encore la plateforme, mais sous contrainte. Le plan d'exposition au bruit s'applique à 127 communes et limite l'urbanisation sur quelque 22 400 hectares.

Un bassin de près de 235 000 salariés

Sur 3 257 hectares, Roissy-CDG est le premier aéroport français : 72 millions de passagers en 2025, soit le troisième trafic d'Europe derrière Londres-Heathrow et Istanbul. Air France en a fait son hub, qui pèse environ la moitié du trafic passagers. La croissance a été rapide : entre 2000 et 2017, la fréquentation est passée de 48 à près de 70 millions de voyageurs par an. La plateforme concentre aussi l'essentiel du fret aérien national. Le territoire aéroportuaire compte près de 235 000 salariés, entre compagnies, logistique, commerce et hôtellerie.

Questions fréquentes

Pourquoi un terminal 4 n'a-t-il pas été construit à Roissy ?
Un troisième grand terminal a été étudié durant les années 2010, mais son impact environnemental et la crise du Covid ont conduit à l'abandonner en 2020.
Quelle part du fret aérien français passe par Roissy ?
Environ 90 % du fret aérien français transite par Paris-Charles-de-Gaulle, qui est aussi l'un des premiers aéroports de fret d'Europe.
Pourquoi le terminal 1 de Roissy est-il surnommé le « camembert » ?
Pour sa forme circulaire : l'architecte Paul Andreu, âgé de 35 ans à l'inauguration, a dessiné un disque de béton à cinq niveaux, traversé d'escalators logés dans des tubes de plexiglas.
Combien d'avions décollent et atterrissent à Roissy chaque année ?
De l'ordre de 475 000 mouvements d'avions par an à la fin des années 2010, selon le CNES.

Sources