Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0
En 1954, 7 600 ouvriers travaillaient aux chantiers Dubigeon, sur la pointe ouest de l'île de Nantes. Aujourd'hui, on y croise un éléphant mécanique de douze mètres de haut. Entre les deux, une fermeture, en 1987, puis un quart de siècle de reconversion. Glissez le curseur : sous le quartier réapparaissent les cales et les grues d'avant.
L'île de Nantes, longue de 4,9 km pour un kilomètre de large au plus, est née de la réunion de plusieurs îles de la Loire : les derniers bras d'eau qui les séparaient, les « boires », ont été comblés entre 1930 et 1945. Le chantier naval de la famille Dubigeon, lui, remonte à 1760. Après plusieurs déménagements, il s'installe sur l'ancienne Prairie-au-Duc, en aval de la ville. Dubigeon a lancé le trois-mâts Belem en 1896, puis construit, de 1952 à 1970, des sous-marins de la classe Daphné pour la France, le Portugal et l'Afrique du Sud.
Sur la vue IGN de 1950-1965, la pointe ouest de l'île est un quartier industriel : cales de lancement tournées vers le fleuve, ateliers, grues. C'est l'apogée du chantier. Le déclin viendra ensuite : autour de 2 000 salariés dans les années 1980, puis le lancement du dernier navire, le Bougainville, et la fermeture en 1987. Le dernier chantier naval de Nantes laisse une vaste friche en plein cœur de l'agglomération.
À partir des années 2000, un plan urbain d'Alexandre Chemetoff engage la reconversion en conservant les anciennes cales. La SAMOA, créée en 2003, pilote la transformation ; Marcel Smets et Anne-Mie Depuydt succèdent à Chemetoff en 2010, avant Jacqueline Osty et Claire Schorter. Le site devient le parc des Chantiers, et les anciennes halles accueillent, le 30 juin 2007, les Machines de l'île de François Delarozière et Pierre Orefice : le Grand Éléphant, 48 tonnes de bois et d'acier qui promènent 52 passagers, puis en 2012 le Carrousel des mondes marins, haut de 25 mètres. En 2016, l'ensemble a reçu 665 000 visiteurs.
Vue large : le quartier créatif sur l'ancien site des chantiers
Deux grues Titan veillent encore sur la pointe de l'île. La grue jaune, 43 mètres de haut, soulevait 80 tonnes d'éléments de navires pour Dubigeon ; inscrite aux monuments historiques en 2018, elle est classée en 2024. La grue grise, 47 mètres, a servi au port jusqu'en 2003 avant d'être rachetée un euro par la ville. Autour, l'île compte près de 16 000 habitants, et l'on vise 40 000 à l'horizon 2030, avec le futur CHU prévu à l'ouest.