Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0
Sur le littoral du Languedoc, là où se dressent aujourd'hui les immeubles-pyramides de La Grande-Motte, il n'y avait qu'un marais et une ferme isolée. En une vingtaine d'années, de 1964 à 1983, une station balnéaire entière est sortie du sable, puis une commune de plus de 8 000 habitants. Glissez le curseur : sous la ville et son port réapparaît le rivage de marécages d'avant.
Sur l'orthophotographie IGN de 1950-1965, le site est une zone naturelle quasi inhabitée : des marais impropres à l'urbanisation, une plage nue, une seule ferme (un « mas »), le tout séparé des villages voisins par l'étang de l'Or. Le territoire appartient alors à la commune de Mauguio.
Le littoral languedocien était réputé inhospitalier, et d'abord à cause des moustiques. Rien ne pouvait se construire avant de les combattre : c'est le rôle de l'Entente interdépartementale pour la démoustication, créée en 1959 par l'Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône. La station n'est devenue possible qu'une fois ce préalable engagé.
Pour ouvrir cette côte au tourisme de masse, l'État crée par décret du 18 juin 1963 la mission Racine, du nom de son président, le conseiller d'État Pierre Racine. Elle créera sept stations sur la côte du Languedoc-Roussillon, et La Grande-Motte en est l'opération phare.
L'architecte en chef, nommé au milieu des années 1960, est Jean Balladur. Ses pyramides s'inspirent de celles de Teotihuacán, au Mexique, et des courbes de Brasília. Le sol a dû être rehaussé d'au moins deux mètres : les déblais viennent en partie de l'étang du Ponant, creusé en 1966 à l'ouest de la station et devenu depuis un plan d'eau de voile et d'aviron.
Vue large : la station et son port sur l'ancien marais
Le chantier avance d'est en ouest. Le port est inauguré le 22 juillet 1967 et le général de Gaulle visite le chantier en octobre. Les premiers estivants arrivent à l'été 1968, dans Le Grand Pavois et Le Provence : c'est le quartier du Levant, celui des pyramides. La Grande Pyramide, souvent prise pour le bâtiment inaugural, ne date que de 1972-1974. Le quartier du Couchant, à l'ouest, n'est construit qu'à partir de 1979.
Vue du ciel, la ville se lit comme un plan d'ensemble : le port au centre, avec ses quelque 1 500 anneaux, les pyramides en arc de cercle autour, et de larges espaces verts entre les quartiers. À l'est, les dunes du Grand Travers sont restées vierges : elles appartiennent au Conservatoire du littoral depuis 1976.
La Grande-Motte se détache de Mauguio le 1ᵉʳ octobre 1974. Elle compte 2 165 habitants au recensement de 1975, 6 458 en 1999 et 8 508 en 2022, sur environ 10,6 km². Mais la ville reste avant tout balnéaire : près de trois logements sur quatre y sont des résidences secondaires.