Comment La Plagne est sortie de terre (1961 → aujourd'hui)

Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0

Pendant douze ans, à La Plagne, les mineurs et les skieurs se sont croisés. Quand la station ouvre en décembre 1961, sur un plateau d'alpage à près de 2 000 mètres, une mine de plomb argentifère y tourne encore : elle ne fermera qu'en 1973. Soixante ans plus tard, le plateau porte l'un des plus grands domaines skiables du monde. Faites glisser le curseur : la transformation saute aux yeux.

🎬 Crée ta vidéo de ce lieu

Avant le ski, le plomb et l'argent

Le gisement, connu dès l'Antiquité, est redécouvert par hasard en 1807 par un maçon de Mâcot et exploité à partir de 1810. Il change plusieurs fois de mains avant d'être confié en 1934 à la société minière et métallurgique de Penarroya, qui l'exploite jusqu'à sa fermeture en 1973. Plus de 215 ouvriers travaillent alors sur deux sites : l'entrée principale, sur le plateau de la Plagne, à l'emplacement de l'actuelle Plagne 1800, et La Roche, à 1 550 mètres, siège administratif de la mine.

Autour, le plateau vit de l'alpage. Sur la photographie de 1950-1965, on ne distingue que des prairies, des chemins et quelques chalets d'estive.

22 décembre 1961 : quatre communes parient sur la neige

En 1960, Aime, Bellentre, Mâcot et Longefoy s'associent dans le syndicat intercommunal de La Grande Plagne, à l'initiative de Pierre Borrione, maire d'Aime. Le démarrage est chaotique : le premier promoteur fait faillite en octobre 1961 et Robert Legoux reprend le projet. Plagne Centre ouvre pourtant le 22 décembre 1961, avec deux téléskis et quatre pistes. L'architecte Michel Bezançon en fait une « station intégrée », conçue d'un seul tenant sur un site vierge.

Le plateau de la Plagne, vue large : l'emprise de la station

Une station qui se démultiplie

La vue large montre que Plagne Centre n'est que le premier noyau. Les autres suivent presque d'année en année : Aime 2000 à la fin des années 1960, Plagne-Villages en 1971, Montchavin en 1972, Plagne Bellecôte en 1974, Les Coches en 1977, Belle Plagne en 1981, Plagne 1800 en 1982 — sur l'ancien site minier — et Plagne Soleil en 1990. Le domaine compte aujourd'hui 225 km de pistes et 74 remontées mécaniques, entre 1 250 et 3 050 mètres d'altitude, au glacier de Bellecôte, et plus de 66 000 lits touristiques.

Des Jeux olympiques à Paradiski

En 1992, La Plagne accueille les épreuves de bobsleigh et de luge des Jeux d'Albertville. La piste, longue de 1 800 mètres et de 19 virages, est construite à La Roche, sur l'ancien siège de la mine. En 2003, le téléphérique Vanoise Express relie la station aux Arcs et à Peisey-Vallandry : ensemble, elles forment Paradiski, 425 km de pistes balisées. L'alpage de 1950 est devenu une ville de neige.

Questions fréquentes

Combien a coûté la piste de bobsleigh des JO de 1992 à La Plagne ?
Sa construction a coûté 233 millions de francs, pour les épreuves de bobsleigh et de luge des Jeux d'Albertville.
Combien de villages compte La Plagne ?
Une dizaine de stations-villages se sont ajoutées à Plagne Centre entre la fin des années 1960 et 1990, en altitude (Aime 2000, Belle Plagne, Plagne Soleil…) comme plus bas (Montchavin, Les Coches, Montalbert, Champagny).
Combien de kilomètres de ski de fond à La Plagne ?
En plus de ses 225 km de pistes de ski alpin, le domaine propose environ 80 km de pistes de ski de fond.

Sources