Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0
Une cour de 261 mètres sur 208 : c'est ce que montre, au cœur du 3e arrondissement de Lyon, la photo aérienne des années 1950. Là s'étendaient les casernes de la Part-Dieu. À leur place se dressent aujourd'hui le centre commercial, la gare la plus fréquentée de France hors Paris et les tours du deuxième quartier d'affaires du pays. Glissez le curseur : la trame militaire laisse place à celle du centre d'affaires.
Le nom vient d'un domaine agricole attesté dès 1203, cédé en 1737 aux Hospices civils de Lyon. En 1844, l'État leur achète l'ancienne redoute de la Part-Dieu et y bâtit une caserne de 22 hectares pour la cavalerie et l'artillerie : plus de 3 000 hommes et 1 600 chevaux autour d'une immense cour centrale. Sur la vue IGN de 1950-1965, ce grand rectangle régulier se détache nettement du tissu des immeubles voisins.
L'armée reste jusqu'en 1962, puis le terrain est cédé à la ville. Le maire, Louis Pradel, a déjà nommé l'architecte Charles Delfante urbaniste en chef ; celui-ci présente en 1963 le programme d'un « centre directionnel ». Les casernes sont démolies en 1968, et les équipements du quartier sortent de terre les uns après les autres : les halles en 1971, la bibliothèque municipale en 1972, l'auditorium Maurice-Ravel en 1975.
Le centre commercial de la Part-Dieu ouvre le 8 septembre 1975, inauguré par Louis Pradel. C'est alors le plus grand centre commercial d'Europe : cinq niveaux, 110 000 m² de vente sur plus de 300 mètres de long, une centaine de commerces. Agrandi entre 2017 et 2021, il a gagné un toit-terrasse planté et pris l'enseigne Westfield en septembre 2021 ; il couvre aujourd'hui 247 000 m² et réunit plus de 240 enseignes.
Vue rapprochée : le centre commercial et les tours
La tour Part-Dieu, le « Crayon », haute de 165 mètres pour 42 étages, est bâtie de 1972 à 1977. La gare de Lyon-Part-Dieu ouvre le 13 juin 1983 avec 35 000 voyageurs par jour ; elle en accueille 42 millions sur l'année 2024 et a dû être agrandie d'une voie supplémentaire en 2022. C'est aussi la première gare d'Europe pour les voyageurs en correspondance. Le quartier continue de monter : tour Oxygène en 2010, Incity et ses 200 mètres en 2015, To-Lyon en 2023. Le projet en cours prévoit encore 650 000 m² de bureaux supplémentaires et 40 000 emplois nouveaux.