Plaine de l'Ain : des champs au grand parc logistique (PIPA)

Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0

À Saint-Vulbas, à 35 kilomètres au nord-est de Lyon, s'étend le Parc industriel de la Plaine de l'Ain (PIPA), dont la zone d'aménagement est créée en 1976. Là où la vue IGN de 1950-1965 ne montre que la plaine cultivée, s'alignent aujourd'hui usines et grands entrepôts logistiques. Glissez le curseur.

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Avant : la plaine alluviale entre l'Ain et le Rhône

Sur l'orthophotographie IGN de 1950-1965, le secteur n'est qu'une vaste plaine agricole, parcellée de champs, coincée entre la basse vallée de l'Ain et le Rhône, qui coule à moins d'un kilomètre du parc actuel. Le terrain est plat, peu bâti, partagé entre quatre communes — Saint-Vulbas, Sainte-Julie, Blyes et, à la marge, Chazey-sur-Ain. Un foncier rare aux portes de Lyon, que les aménageurs vont repérer dès la fin des années 1960.

Pourquoi ici : Feyzin, le Bugey et une ville nouvelle qui n'a jamais existé

Le parc naît de deux chocs. Le premier est la catastrophe de la raffinerie de Feyzin, le 4 janvier 1966 : l'explosion fait 18 morts au sud de Lyon et pose la question d'éloigner l'industrie lourde de l'agglomération. Le second est le chantier voisin de la centrale nucléaire du Bugey, lancé en 1965, qui fait grossir les villages alentour.

Les planificateurs imaginent d'abord une ville nouvelle de 300 000 habitants entre Meximieux et Leyment, avec une zone industrielle à Loyettes. Ni l'une ni l'autre ne verra le jour. Le nom « Plaine de l'Ain » est inventé en 1972, le projet glisse vers le nord, entre Blyes et Saint-Vulbas, et un syndicat mixte réunissant des collectivités de l'Ain, du Rhône et de l'Isère prend l'affaire en main.

Une route qui finit dans les champs

Le chantier démarre fin 1975, la ZAC est créée en 1976. En 1977, une route neuve, la D124, franchit l'Ain à Blyes pour rejoindre l'autoroute A42… qui n'ouvre qu'en 1983 : pendant plusieurs années, la route aboutit en plein champ. Le premier site actif, un incinérateur de déchets industriels, est inauguré en février 1977 ; dix ans plus tard, le parc ne compte que 24 entreprises.

Vue rapprochée : les grands entrepôts sur la plaine

Des usines aux entrepôts

Le décollage vient avec les années 1990 et la logistique, attirée par l'autoroute, l'embranchement ferroviaire venu de Leyment et la gare TGV de l'aéroport de Lyon. Le parc couvre aujourd'hui près de 1 000 hectares, dont 230 d'espaces verts, et réunit de l'ordre de 180 entreprises et plus de 7 000 emplois. Les plus gros employeurs disent ce mélange : Veepee, Carrefour, GXO Logistics côté entrepôts, Plastic Omnium côté industrie, Orano pour le démantèlement nucléaire. Intersport y exploite son centre de distribution national, agrandi en 2025.

Sur la vue actuelle, les grandes toitures blanches alignées et les rangées de quais de chargement dessinent un quadrillage que la plaine agricole ne connaissait pas ; les bandes boisées entre les lots sont, elles aussi, récentes : 450 000 arbres y ont été plantés.

Questions fréquentes

Quelles entreprises sont implantées au parc de la Plaine de l'Ain ?
Parmi les principaux employeurs figurent Veepee, Plastic Omnium, Carrefour, K-Line, Orano Démantèlement et GXO Logistics, chacun avec plus de 200 salariés sur le site.
Le PIPA est-il desservi par le train ?
Oui : un embranchement ferroviaire part de Leyment, sur la ligne Lyon-Genève, et traverse l'emprise de la zone jusqu'à la centrale du Bugey.
Le parc a-t-il une certification environnementale ?
Il se présente comme le premier parc industriel européen certifié ISO 14001 et enregistré EMAS, et il est labellisé LUCIE (ISO 26000) depuis 2012.
Le PIPA a-t-il encore des terrains disponibles ?
Selon le gestionnaire, 225 hectares restent disponibles sur la surface totale, et une extension de plus de 50 hectares, la ZAC de la Baccolanche, a été inaugurée en 2018.

Sources