Porte des Alpes : quand les champs de l'Est lyonnais sont devenus une zone commerciale

Glissez le curseur pour comparer · Source : IGN — Licence Ouverte Etalab 2.0

Deux paysages se partagent la photo des années 1950. Au nord de la route de Grenoble, les pistes et les hangars de l'aérodrome de Lyon-Bron ; au sud, une plaine agricole découpée en lanières. C'est dans cette moitié-là, à Saint-Priest, qu'a poussé la zone de la Porte des Alpes. Glissez le curseur : les champs s'effacent sous les toitures, les parkings et l'échangeur.

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Avant : des champs au pied de l'aérodrome

Le voisinage n'a rien d'un hasard. Dès 1910, on rassemble ici, entre la route de Grenoble et le fort de Bron, des terrains « à faible rendement agricole » pour en faire un terrain d'aviation. Dans les années 1950, l'aéroport de Lyon est en pleine expansion : l'aérogare est reconstruite à partir de 1957, et au début des années 1960 la piste est allongée vers le sud, au point de faire dévier la route nationale 6 sur environ un kilomètre.

Sur l'orthophotographie de 1950-1965, la partie sud reste pourtant un parcellaire étroit, sans autre construction que quelques fermes : la plaine de l'Est lyonnais, plate et libre, à une dizaine de kilomètres du centre de Lyon.

1973-1975 : l'autoroute arrive, l'aéroport s'en va

Deux événements rapprochés redessinent le secteur. En 1973, l'autoroute A43 ouvre entre Lyon et Bourgoin-Jallieu. Dans la nuit du 19 au 20 avril 1975, toute l'activité commerciale de Bron part pour le nouvel aéroport de Satolas. La piste est raccourcie de près d'un kilomètre en 1977 et le domaine de l'aérogare est cédé peu à peu à des entreprises privées. L'aérogare de 1959 existe toujours : elle est accolée à l'arrière d'un magasin Castorama. Entre 1982 et 1988, l'échangeur de la Porte des Alpes, la sortie 3, est agrandi.

Un projet de 400 hectares : « Lyon Porte des Alpes »

Le secteur s'inscrit dans le projet d'aménagement « Lyon Porte des Alpes », environ 400 hectares à cheval sur Saint-Priest, Bron et Chassieu, qui mêle zone d'activités technologiques, espaces verts, habitat et pôle commercial. Sa pièce maîtresse est le Parc technologique, construit à partir de 2001 sur 140 hectares, dont 40 d'espaces et d'équipements publics : environ 7 000 emplois dans 212 entreprises, et une forêt plantée de toutes pièces, celle de Feuilly, sur 25 hectares.

Vue large : l'emprise de la zone d'activités et de l'échangeur

Aujourd'hui : un hypermarché, un tramway et son dépôt

Le centre commercial Aushopping Porte des Alpes réunit une soixantaine de boutiques et restaurants autour d'un hypermarché Auchan. Le 2 janvier 2001, la ligne T2 du tramway ouvre entre Perrache et « la zone commerciale de la Porte des Alpes », avant d'être prolongée en 2003 vers le centre de Saint-Priest. Tout près, le centre de maintenance des tramways peut abriter 55 rames et héberge le poste de commande de cinq lignes. Autour, la commune a changé d'échelle : Saint-Priest est passée de 10 000 à 40 000 habitants dans les années 1960 et 1970, et en compte 49 229 en 2023.

Questions fréquentes

L'aéroport de Bron est-il encore en service ?
Oui. Depuis le départ des vols commerciaux pour Satolas en 1975, Lyon-Bron est un aéroport d'affaires. Situé sur Chassieu et Saint-Priest, il dispose de 140 hectares et d'un héliport.
Y a-t-il une université à la Porte des Alpes ?
Oui : le campus Porte des Alpes, l'un des deux campus de l'université Lumière-Lyon-II, est implanté sur Bron et Saint-Priest, le long de la ligne T2.
Quel hôpital se trouve près de la Porte des Alpes ?
L'hôpital privé de l'Est lyonnais, ouvert en 2009 rue André-Lwoff, dans la zone du Champ-du-Pont, entre le Parc technologique et la Porte des Alpes. Il compte 189 lits.

Sources