Stade de France : d'une friche industrielle au stade des Bleus (1998)

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Des cercles noirs alignés au bord d'un canal : sur la photo aérienne des années 1950, ce sont les gazomètres de La Plaine Saint-Denis. À leur place, dans la boucle du canal, s'élève aujourd'hui l'ellipse du Stade de France et ses 80 000 places. Entre les deux images, une usine a fermé, le terrain est resté en friche trente ans, puis une Coupe du monde a tout changé. Glissez le curseur.

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Avant : l'usine à gaz du Cornillon, en pleine activité

La Plaine Saint-Denis s'est couverte d'usines à partir de 1820, au point de devenir le premier ensemble industriel du pays. L'usine à gaz du Cornillon s'y installe en 1914, entre le canal Saint-Denis et la rue Francis-de-Pressensé. Sur l'orthophotographie de 1950-1965, elle tourne encore : voies ferrées de desserte, bâtiments de production et cuves rondes des gazomètres. Juste à côté, le quartier du Cornillon abritait un bidonville né dans les années 1920 ; il comptait encore 600 habitants en 1956.

L'usine ferme en 1965. Le terrain devient une friche, à l'image de toute la Plaine, frappée par la désindustrialisation.

Melun-Sénart ou Saint-Denis : le choix du site

Pour la Coupe du monde 1998, le gouvernement de Michel Rocard retient d'abord, en 1991, Melun-Sénart. Son successeur Édouard Balladur abandonne ce projet et choisit Saint-Denis. Le maire, Patrick Braouezec, pose une condition : que l'implantation sur une friche serve à accélérer le projet urbain du quartier. Fin 1993, un concours international désigne l'équipe de Michel Macary, Aymeric Zublena, Michel Regembal et Claude Costantini.

1995-1998 : 800 000 m² terrassés en cinq mois

Le chantier s'ouvre le 2 mai 1995, la première pierre est posée le 6 septembre. Les 800 000 m² de terrassement sont faits en cinq mois, les 180 000 m³ de béton coulés en un an, pour un coût de 2 milliards de francs hors taxes. Le stade est inauguré le 28 janvier 1998 par un France-Espagne : 76 817 spectateurs, et un but unique signé Zinédine Zidane, le premier de l'histoire du stade.

Vue large : le stade et son parvis sur l'ancienne friche

Un toit de six hectares suspendu à 46 mètres

Sur la vue actuelle, l'ellipse blanche est le toit : 6 hectares et 13 000 tonnes, soit le poids de deux tours Eiffel, portés à 46 mètres au-dessus de la pelouse par 18 aiguilles de 60 mètres. Ce que l'image ne montre pas, c'est la tribune basse de 25 000 places, qui peut reculer de 15 mètres pour dégager une piste d'athlétisme. Capacité : 80 698 places pour le football et le rugby.

La Plaine d'après

Le stade a entraîné la couverture de l'autoroute A1, transformée en jardins, la dépollution des terrains, un bassin de rétention sous le stade annexe et deux nouvelles gares : La Plaine - Stade de France sur le RER B et Stade de France - Saint-Denis sur le RER D. Autour, bureaux, logements et studios de télévision ont pris la place des entrepôts.

Questions fréquentes

Quels grands événements le Stade de France a-t-il accueillis ?
La finale de la Coupe du monde 1998, gagnée 3-0 par la France contre le Brésil le 12 juillet 1998 ; les championnats du monde d'athlétisme 2003 ; le match d'ouverture et la finale de l'Euro 2016 ; l'athlétisme, le rugby à sept et les cérémonies de clôture des Jeux de Paris 2024.
Comment aller au Stade de France en transports ?
La gare de La Plaine - Stade de France (RER B) est à environ 500 mètres, la station Saint-Denis - Porte de Paris (métro 13) à 300 mètres, la gare Stade de France - Saint-Denis (RER D) à 1,1 kilomètre. Les transports en commun assurent environ 80 % des venues.
Le Stade de France a-t-il un club résident ?
Non. Faute de club résident, l'État a versé au consortium Vinci-Bouygues, concessionnaire du stade, environ 17 millions d'euros de pénalités par an de 1998 à 2012.

Sources