Stations de ski, fronts de mer et sites touristiques nés ex nihilo : l'aménagement du loisir.
Deux décisions publiques prises à quelques mois d'intervalle expliquent une bonne partie des avant/après les plus spectaculaires de France. En 1963, la mission interministérielle dite mission Racine est chargée d'aménager le littoral du Languedoc-Roussillon, jusque-là fait de marais et de moustiques. L'année suivante s'engage le plan Neige, qui financera jusqu'en 1977 la création de stations de sports d'hiver.
Le principe est le même de part et d'autre : on ne développe pas un village existant, on construit une station complète sur un terrain nu, avec son plan d'urbanisme, ses parkings et son architecture signée. La Grande-Motte sort ainsi d'un marais littoral à partir de 1965 ; en altitude, les stations dites intégrées — La Plagne dès 1961, puis Avoriaz et Les Arcs — s'implantent sur des alpages où ne se dressaient que des chalets d'estive.
Sur la photographie de 1950, il n'y a donc, très souvent, rigoureusement rien : une pente d'herbe rase, un étang, une dune. C'est ce qui rend ces comparaisons si frappantes — et ce qui les rend aussi difficiles à lire, faute du moindre repère commun entre les deux images. Le seul point fixe est généralement un relief : une crête, un rivage, le coude d'un torrent.
Au nord de Poitiers, des terres agricoles de la Vienne sont devenues le Futuroscope, l'un des premiers parcs de loisirs de France, ouvert en 1987. Comparez l'avant/après des photos aériennes IGN. Source : IGN.
Sur le littoral de l'Hérault, un marais à moustiques et une ferme isolée sont devenus La Grande-Motte, la station-pyramide de Jean Balladur. Comparez l'avant/après des photos aériennes IGN. Source : IGN.
En 1961, La Plagne naît ex nihilo sur un plateau d'alpage de Tarentaise. Comparez les photos aériennes IGN avant/après : d'un alpage à l'un des plus grands domaines skiables du monde. Source : IGN.