🌊 Eau, glace & littoral

Lacs de barrage, glaciers qui reculent, traits de côte et zones humides : quand l'eau, la glace et la terre échangent leurs places.

🗺️ Voir ces transformations sur la carte

Une vallée habitée, puis un lac. C'est la transformation la plus radicale que puissent montrer deux photographies aériennes du même lieu, et la France de la reconstruction en offre plusieurs exemples.

Le barrage du Chevril noie le village de Tignes en 1952 ; celui de Serre-Ponçon achève sa mise en eau en 1960, emportant Savines et Ubaye ; le lac du Der-Chantecoq, mis en eau en 1974 pour écrêter les crues de la Marne, submerge trois villages de la Champagne humide. Dans chacun de ces cas, la couverture aérienne des années 1950-1965 constitue parfois le dernier document qui montre ces lieux encore habités, avec leurs rues et leurs parcelles.

L'eau ne fait pas que monter. Elle recule aussi, et la glace plus encore : le front de la Mer de Glace s'est retiré de plusieurs centaines de mètres depuis les premières couvertures IGN, découvrant une gorge rocheuse là où la langue glaciaire remplissait la vallée. Ailleurs, ce sont les traits de côte qui bougent — plages engraissées ou grignotées, flèches sableuses déplacées, marais poldérisés puis parfois rendus à la mer.

Ces comparaisons demandent une précaution de lecture : le millésime ancien n'est pas toujours antérieur à l'aménagement. À Tignes, la couverture 1950-1965 montre déjà le lac rempli — le village noyé n'y figure plus.

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